CHASSE DU 28 JUILLET 2008

 

Aaaah l'Allier... ses collines ondulées, ses champs dorés, ses routes abimées... et ses orages par milliers! Car oui, je considère le reportage qui vient comme une ode photographique à l'Allier...

Je ne m'y trouvais bien sur pas à tout hasard.
Rappelons-le, je réside à Grenoble.
Rappelons-le, pour ceux qui doutent encore, j'aime les orages, avec un grand M.

Ces derniers jours, j'avais donc consciencieusement étudié le potentiel de la situation annoncée. A grand renforts de pinceaux orange, Meteo France plaçait ma région natale (l'Anjou) au premier rang d'une dégradation prévue violente. Oui mais voilà, les Pays de la Loire ne sont pas tout proches, et les modèles s'accordent à voir naître un autre axe orageux bien intéressant sur le centre du pays. C'est bien connu : l'Allier est toujours très bien servi dans ces configurations en flux de sud-ouest. Ajoutons à cela un timing qui semblait idéal avec une arrivée des orages envisageable en fin de soirée/début de nuit, et il n'en fallait pas plus pour me décider a tenter la grande vadrouille.

C'est donc parti pour un peu plus de 300Km lundi après-midi, en direction de l'Allier et d'un panorama que j'avais reperé au printemps dernier, à l'ouest de Vichy, et assez proche de la frontière avec le Puy-de-Dôme.

A mon arrivée, la chaleur est moite, le soleil brulant, les insectes voraces, mais en moins d'une heure, les enclumes des orages qui sévissent déjà, à 200km plus au sud, pointent leurs oreilles jusqu'à moi. Il est 19h30.

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Alors que le soleil décline progressivement, les champs dorés évoqués précédemment captent ses rayons pour offrir des contrastes tranchants, d'autant plus que le ciel s'assombrit par le sud-ouest.

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Il s'en faut pourtant de peu pour que l'astre solaire se fasse manger par l'enclume géante en cours de propagation. Un jeu qui durera pendant plus d'une heure.

Plein sud-ouest, on remarquera la présence d'une unique éolienne (on trouve ça ridicule après avoir observé les champs d'éolienne à Palm Springs, Californie B) ) qui forme un paratonnerre parfait! Autant le dire tout de suite... pour l'impact sur l'éolienne, ça sera peine perdue.

Alors qu'au sud l'instabilité gagne plus nettement du terrain comme ces bourgeonnements qu'on distingue au loin le laissent penser. Il est 20h30 et les choses sérieuses sont pour bientôt.

Surprise! Le soleil finit soudain par disparaître, envoyé au lit en avance par de nouvelles enclumes fraichement apparues à l'ouest. Il a toutefois le temps de mettre en exergue quelques petits Mammatus avant de s'en aller pour de bon. Fini les belles lumières, mais à moi l'allongement du temps de pose pour choper plus facilement les éclairs!

Nous voici d'ailleurs dans l'heure bleue. Vous savez, ce moment à la tombée de la nuit où tout vous apparaît doucement bleu. Les impacts de foudre commencent à se distinguer au loin, depuis le sud jusqu'à l'ouest. Mais regardez-bien la photo, vous ne remarquez pas quelque chose?

Vous avez raison, on aperçoit en bas à droite, l'arrivée par l'Ouest d'un Arcus! Encore assez loin, il me laisse le temps de me consacrer aux foudroiements qui interviennent plus au sud, tout en s'approchant de moi. On reviendra voir l'Arcus juste après.

Encore lointains, les coups de foudre revêtent des tons orangés que j'apprécie tout à fait.
Mais pendant ce temps, l'Arcus a bien avancé, et il fait de sacrés remous dans le ciel Alliérain. Instant formidable que l'arrivée de cette bestiole derrière laquelle s'abat régulièrement la foudre, le tout dans une atmosphère encore chaude et humide.

Voici d'ailleurs l'un de ces impacts qui tombe malheureusement derrière le rideau de pluie:

Déferlement électriquement maintenant! L'excitation à son comble!

L'Arcus n'est plus qu'à quelques hectomètres de moi et je sens d'ailleurs soudainement le courant descendant frais de l'orage venir me fouetter le visage, accompagné des premières gouttes. Juste avant de ranger le matos, je parviens quand même à saisir un coup de foudre qui n'est pas noyé cette fois-ci!

Par la suite, tout s'enchaîne très vite. Les rafales sont fortes et la pluie tombe à l'horizontal, ne laissant aucune chance de pouvoir photographier quoi que ce soit, même depuis la voiture. Je me déplace donc de quelques kilomètres vers le nord-est en espérant me détacher de la pluie mais en vain. Je me positionne donc dans un champ en prenant soin de placer ma voiture perpendiculairement aux vagues de flotte. Plongé dans l'orage, je suis dépassé par l'activité électrique impressionnante (plusieurs décharges par seconde) et n'arrive pas à capter les quelques coups de foudre très proche qui font vibrer le paysage.

Le premier que j'arrive à saisir est bien trop loin et moribond pour m'aider à oublier les dizaines d'énormes que j'ai manqué:

 

Quelques instants plus tard, en voici tout de même un qui s'extirpe de la pluie:

Mais l'instant adrénaline de la nuit, c'est lorsque un flash surpuissant éclaire tout le véhicule, suivi d'un fracas assourdissant une fraction de seconde plus tard. "Ok donc celui-là est tombé 50m derrière moi!". Voilà ce que ça donne en photo (c'est de nuit hein, je le rappelle!):

Même si je n'ai pas la chance d'avoir photographié le canal, j'aime beaucoup l'ambiance qui se dégage de cette image où l'on sent bien que la source de lumière est située plus ou moins au dessus de mon épaule.

Par la suite, l'orage s'éloignera sans que je puisse en tirer quelque chose de significatif. J'observerai toutefois une autre petite cellule qui se sera activé à l'arrière de ce MCS. Divertissant mais sans plus.

Mon lonnnng retour vers Grenoble sera heureusement salué par les coups de foudre de cellules situées au delà de Lyon, et que je voyais depuis l'est de l'Allier. De quoi occuper en attendant d'aller "développer" ses photos!

Une belle nuit donc, dans un département que j'aime décidément de plus en plus...

 

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