CHASSE DU 18 JANVIER 2005
CARACTERISTIQUES: Lieu concerné: Nord-Ouest du Maine-et-Loire |
INTRODUCTION:
Voilà près d'un mois que l'actualité météo sur la France se résume à des records de hautes pressions et autres douceurs exceptionnelles et prolongées. Le sempiternel anticyclone méditerranéen est vissé sur le pays et rien ne semble vouloir l'en déloger, lorsque les modèles de prévisions perçoivent enfin un espoir de changement. Le 18 janvier, c'est un talweg qui va traverser le nord du pays, amenant son lot d'air froid et d'instabilité. Alors qu'au sol on attend des températures avoisinant les 5 degrés, à environ 5500m d'altitude, la température descend jusqu'a -35°. Le contraste est saisissant et on peut raisonnablement s'attendre a un ciel de traîne plutôt actif. Une longue période de temps mou totalement insoutenable et une journée à ma disposition me poussent à aller tâter du Cumulonimbus!

Cette superbe image satellite envoyée gentiment par Meteophil (http://meteophil.free.fr) montre l'étendue du système de traîne qui s'est établi à l'arrière du front froid positionné à ce moment sur le sud et l'est de la France. La petite croix bleue représente la ville d'Angers d'où débute cette chasse.
RECIT:
7h30! Me voilà réveillé en sursaut par la sonnerie de mon téléphone. Un camarade fesant en quelque sorte partie du réseau d'information CHC m'apelle alors pour me signaler un fort orage à Clisson, dans le sud-est de la Loire-Atlantique, à une petite centaine de kilomètres d'Angers. Il me décrit une averse de grêle d'une rare intensité accompagnée d'un bref coup de foudre. La journée commence sous les meilleurs auspices et j'avoue que je ne m'attendais pas à un début si matinal des festivités.
Le temps d'extraire la partie encéphalique de moi-même d'une certaine torpeur associée naturellement à ce réveil incongru... en d'autres termes, le temps de réactiver mes neurones, je relativise en remarquant que cet orage de grêle est pour le moment isolé. Ma conscience professionnelle m'interdit néanmoins tout retour sous les couvertures et je m'attèle maintenant à suivre précisément l'avancée des évènements.
A 9h encore, le ciel Angevin se révèle désespérement gris, mais dès lors que les nuages bas se déchirent, je me rends a mon panorama favori, situé a 5km au sud de mon appartement. Il est donc à peine 9h30 quand je scrute le ciel, aidé par la vue offerte par "La Roche-de-Murs":
J'ai cru voir un Cumulonimbus!! (que les personnes qui voient dans cette phrase une référence douteuse, s'abstiennent de tout commentaire). En fait cela n'est pas visible sur la photo mais il m'a semblé distinguer une enclume derrière ce banc de stratus, quelques minutes auparavant.
Je reste ainsi quelques minutes à contempler le ciel et les nuages, à la recherche d'indices me permettant d'établir ma stratégie de chasse. Je constate que les rafales de secteur ouest sont assez soutenues, et sais que le flux va s'orienter progressivement au nord-ouest sous l'influence du Talweg précédemment évoqué. Je connais aussi la fourberie de ce grand fleuve sauvage qu'est la Loire. Ce fleuve à une influence notable et inévitable sur tout système orageux. Au choix: il les crève, il les oriente, il les réactive (ce dernier cas de figure étant plus rare). La réactivation encore partielle de mon cerveau (oui, ça prends du temps chez moi...) me pousse à ne pas m'encombrer de ces complications et je prends donc la route vers le nord, pour m'éloigner de cette Loire maléfique.
Je traverse Angers et rencontre une petite averse qui donne le genre de lumières que j'apprécie beaucoup:

Le ciel commence enfin à s'embellir et je m'arrête alors aux abords du Lac de Maine pour en prendre quelques clichés.
Les bases de ces stratocumulus s'organisaient en bandes rectilignes que je ne saurais expliquer.

Le ciel était déja agréable après tant de semaines grisâtres ou banalement ensoleillées.
Je quitte donc la ville, comme convenu avec moi-même, et traverse un premier vrai Cumulonimbus. Les rafales étaient très fortes lorsque je me trouvais encore sur la N162 en direction de Segré. L'envie de garder une trace de ce premier grain me gagne naturellement et je quitte alors la grande route pour m'aventurer sur une route communale qui s'enfonce dans la campagne vers le nord. Je trouve un endroit où m'arrêter, et en reporter polyvalent que je suis, me transforme l'espace de quelques minutes en cameraman... (simple contribution aux archives de la CHC)
Il me faudra attendre que le ciel se dégage pour endosser à nouveau mon rôle de photographe:
Le CB s'échappe vers l'est...
En tout cas...

...pas de doutes, je suis à la campagne! (Notez la touche foklorique que procure le (maigre) ballon rouge à l'ensemble)
Le ciel bleu est maintenant prédominant et j'en profite pour photographier ces Cirrus Fibratus (un peu de pédagogie ne fais pas de mal)
Une petite trêve est donc a prévoir, l'occasion de voyager un peu...