CHASSE DU 11 MAI 2008
Rien n'était gagné d'avance pour cette première chasse de la saison dans la région Grenobloise. Mais on ne peut nier que tous les ingrédients étaient là pour faire monter la chantilly. D'ailleurs, dès 13 heures, apparaissent les premiers choux-fleurs :
La situation s'annoncant propice à quelques cellules costaudes, je propose à une amie de m'accompagner lors de cette chasse. Je pourrai ainsi partager la passion qui m'anime, chose que j'aime faire et dont j'abuse parfois ! Nous grimpons sur le versant Est du Vercors, par la route de Saint-Nizier du Moucherotte, et nous postons au panorama de La Tour sans Venin pour observer le ciel. Il est apparemment plus facile pour mon amie de lire son Cinélive que pour moi de déchiffrer un ciel complexe ! En effet, les convections tantôt solides, tantôt faiblardes ne permettent pas d'anticiper avec précision l'endroit où cela pourrait démarrer. Je trépigne dans tous les sens en hésitant quant à la direction à privilégier, mais ce sont finalement mes oreilles, plus que mes yeux, qui m'encourageront à me focaliser sur le massif de Chartreuse et un bel orage naissant (tonnerre audible)!
Assemblage de deux clichés :
Au vu d'un flux très faible et du caractère isolé de cette cellule pour le moment, je décide de lever le camp et de foncer en sa direction. Nous redescendons de notre perchoir avant d'emprunter la route de Bourg-en-Bresse, via Voiron. Juste avant d'arriver à Voiron justement, nous sommes gratifiés d'une autre excellente vue, vers le sud cette fois-ci. Les cumulus continuent de prendre de la vigueur:
Au dessus de nous, se profile l'enclume de l'orage que nous avons déjà quasiment rattrapé. Se déplacant vers l'ouest, nous allons essayer de nous positionner à l'avant pour l'appréhender au mieux. Quelques timides mammatus sont visibles au zénith:
La traversée de Voiron se fait assez simplement, ce qui est curieux quand on sait la galère que ça peut représenter la plupart du temps (les locaux comprendront!) et nous parvenons à nous arrêter en bordure de l'orage sur une route campagnarde. De bons impacts de foudre tombent régulièrement devant la voiture, à quelques centaines de mètres parfois. Pas de photo malheureusement, et ce n'est pas faute d'avoir essayé !
Grâce à l'acquisition récente d'un petit bijou technologique (voir ici), je peux surveiller les échos radars sur le terrain et j'apprends avec plaisir l'éclosion très rapide d'une multitude de cellules tout autour de notre position, et ce dans un ciel qui devient de plus en plus chargé. Plaisir relatif tout de même car ce soudain encombrement du ciel me fait penser à la situation que j'avais pu vivre le 23 juin 2005, avec des orages très violents mais dans un ciel absolument illisibles voire peu photogénique. Je roule toutefois vers un panorama que j'avais repéré quelques semaines auparavant, dans un champ à proximité du Lac de Paladru.
Nous aurons alors la chance d'assister à la génèse d'une très belle cellule en direction du Nord. Les formations nuageuses étaient intéressantes et le rideau de précipitations s'intensifiait progressivement. Puis les coups de foudre commencèrent à tomber. 1, puis 2, puis 3... des magnifiques décharges dont les points d'impact étaient largement visibles dans la plaine. Faut vraiment que je me repaye un camescope !
Au loin, la montagne de Saint-Benoit (Amen) disparait puis réapparaît au gré des rideaux de pluie. Quelle sacrée magicienne cette nature !
L'orage que nous observons finit par s'évacuer assez rapidement vers l'ouest, ou un puissant MCS est déjà en train de se constituer. Le ryhtme s'accélère et il devient maintenant utopique d'espérer chasser tout ça. Dépassé par les événements - un peu comme je le craignais finalement - je reprends toutefois la route vers l'ouest, escomptant quelques événements sympatoches au cul de l'orage. Ce sont des bases ondulées typiques d'atmosphère fort instable qui attireront mon attention. Je m'arrête à l'entrée d'un chemin pour les photographier et c'est au moment de repartir que je remarque le panneau qui orne l'image suivante. Tout excité, je ressors précipitamment de ma voiture pour l'intégrer à mes photos, sous les yeux interloqués de ma co-pilote d'un jour. Oui! Voilà! Les yeux que vous faites en ce moment même!
Les passionnés auront peut-être remarqué les lettres AC CA qui sont inscrites sur le panneau et qui sont reconnues commes initiales des nuages de type Altocumulus Castellanus ("Ac Cas" normalement mais bon, ne chipotons pas ;) ), en d'autres termes, les nuages que nous pouvons observer sur l'image ! Heureuse coïncidence !
Oui, c'est vrai, il m'en faut peu...
Toujours est-il que c'est ce qui clotura la chasse !